Mobilité : Des pistes d'actions pour le nouveau gouvernement

7 juin 2017

La mobilité professionnelle constitue un levier clé dans la lutte contre le chômage. Comment favoriser son développement en prenant rapidement des mesures concrètes ? Quelques pistes de réflexion avec Philippe Hancart, membre de la commission Accompagnements des mobilités collectives de Syntec Conseil en Evolution Professionnelle.

Durant sa campagne, le président de la République Emmanuel Macron s’est fait le candidat de la mobilité professionnelle et de l’employabilité. Objectifs affichés : développer les compétences des salariés, et garantir que celles-ci soient adaptées aux besoins des entreprises, notamment via des formations pertinentes, en lien avec les réalités du terrain et les mutations profondes de notre société. Sur ces thèmes forts,  Syntec Conseil en Evolution Professionnelle (SCEP) est bien placé pour apporter sa pierre à l’édifice. Sa commission « accompagnement des mobilités » constitue en effet un lieu d’échange privilégié sur l’évolution des pratiques des entreprises en matière de conduite du changement RH et,  plus particulièrement, de gestion des mobilités collectives, avec une forte composante « employabilité ». La commission regroupe des professionnels rompus à la conduite du changement et au dialogue social dans le cadre des réorganisations d’entreprise, avec une vision commune : réconcilier les contraintes économiques, sociales et humaines de ces projets à fort enjeux. « Favoriser l’employabilité peut se faire  en obéissant à des principes, ainsi que nous l’expliquons en détail sur notre site internet. Toutefois, le Président ayant souhaité pouvoir agir rapidement, nous avons à cœur de mettre en lumière les bonnes pratiques qui auraient l’impact le plus probant si elles étaient rapidement généralisées » indique Philippe Hancart, membre de la commission Accompagnement des Mobilités de Syntec Conseil en Evolution Professionnelle

Anticiper pour mieux sécuriser les parcours professionnels

Première clé : miser sur l’anticipation et développer la formation. « Plus les budgets formation sont importants dans le cadre des réorganisations, à l’image des Plans de Sauvegarde de l’Emploi des grandes entreprises, plus les chances de retrouver un emploi augmentent pour les salariés. Cela semble tomber sous le sens, mais ce volet est encore parfois insuffisamment doté.  C’est très en amont  que les budgets devraient être mobilisés, et en amont bien entendu de restructurations potentielles lorsque l’entreprise est en fragilité. En programmant les actions de formation plus tôt, le parcours des salariés gagne en sécurisation : le SCEP le vérifie chaque jour sur le terrain, au vu des résultats observés en termes de reclassement des personnes en CDI ou CDD supérieur à six mois, mais aussi en termes de création d’entreprise » précise Philippe Hancart. Les partenaires sociaux gagnent en outre à être systématiquement associés à toute démarche : leur connaissance des territoires et leur proximité avec les salariés en font des acteurs incontournables du développement de l’employabilité.  « Tous les accords passés avec les représentants des salariés visant à privilégier des périodes préalables d’information et de conseil aux salariés sont utiles, car ils ménagent de la place à l’anticipation et permettent de ne pas laisser les salariés seuls face  au choc de l’annonce. Par ailleurs, les Plans de Départ Volontaire, avec une période de volontariat suffisamment longue, constituent également une solution  à privilégier, grâce à laquelle les salariés prennent le temps de construire leur projet et quittent souvent l’entreprise avec une solution » ajoute Philippe Hancart.

Favoriser la « culture de la mobilité »

Pour autant, la société française doit développer une culture de la mobilité qui ne fait pas encore véritablement partie de son ADN. Des mesures législatives fortes auraient un impact sur la façon dont les Français envisagent leur évolution professionnelle : la possibilité de démissionner une fois tous les cinq ans tout avec un droit à indemnisation, portée par le candidat Emmanuel Macron durant la campagne, serait un signal fort, tout comme la mise en place de mécanismes incitatifs pour les personnes faisant le choix de la mobilité.  « Le SCEP et les cabinets qui le composent sont également en mesure d’accompagner cette nécessaire évolution des mentalités, en expliquant notamment à quel point les nouveaux outils offerts par le « big data » sont porteurs d’opportunités pour tous les salariés en recherche de mobilité. Ces outils, nous les avons développés et nous les mettons au service du marché de l’emploi » commente Philippe Hancart.

Ne pas négliger les aides matérielles

Attention toutefois à ne pas minimiser les éléments matériels, voire logistiques, qui trop souvent se révèlent un frein à la mobilité. Se rendre à un entretien éloigné de son domicile, suivre une formation dans une autre ville : autant de démarches que certains hésitent à faire pour des raisons financières. « Peut-être faut-il revoir la répartition de l’indemnisation du chômage, en y augmentant la part de l’aide à la mobilité. Le gouvernement pourrait légiférer sur ce point, mais aussi sur la prise en compte de tout ce qu’entraîne une mobilité : démission du conjoint et aide à son reclassement, déménagement, frais d’installation dans une nouvelle ville, etc. Les aides en ce sens, qui pour certaines existent déjà, gagneraient à être renforcées de la part des entreprises et du service public de l’emploi. L’assurance chômage doit évoluer vers une prise en charge plus importante de la reprise d’emploi » ajoute Philippe Hancart.

Une volonté de prendre part à la réflexion collective

Dans cette nouvelle phase qui s’ouvre pour la France, le Syntec Conseil en Evolution Professionnelle se met à la disposition des pouvoirs publics pour penser l’avenir de la mobilité professionnelle. « Nous sommes sur le terrain tout au long de l’année : nous savons ce qui marche et ce qui marche moins bien. Nous avons du recul sur les dispositifs vraiment efficaces et sommes également au fait des attentes de nos clients, les entreprises. C’est pourquoi nous sommes à la fois légitimes sur ces questions et désireux de participer à la réflexion qui va s’engager sur la gestion des mobilités et de l’assurance-chômage » conclut, au nom de SCEP, Philippe Hancart.